Les cuves de stockage de GNLLa force de la technologie française

Depuis plus de 50 ans, le groupe GDF SUEZ, par sa filiale GTT, se place à la pointe de la conception des cuves de navires méthaniers.

Les premiers travaux sur le transport de GNL en France remontent à 1958 lorsque quatre chantiers navals se lancent dans l’étude des cuves de méthaniers. Deux ans plus tard, ces chantiers sont chargés par Gaz de France et la société d’étude Méthane Transport de créer des cuves pour le Beauvais, navire expérimental mis à flot en 1962. Suite au succès de l’expérimentation, des cuves auto-porteuses (c’est-à-dire séparées de la coque et posées sur un double fond), à 9 % de nickel, viennent équiper le futur Jules Verne.

Créée en 1965, la société Gaz Transport signe la même année un accord avec Gaz de France pour développer des recherches dans le domaine des cuves intégrées, plus adaptées aux méthaniers de grande capacité que les cuves auto-porteuses.

Avec leurs parois d’isolation très minces, ces cuves intégrées s’insèrent parfaitement dans la coque des navires qui leur sert de structure résistante.

Pendant les décennies suivantes, Gaz Transport et une autre société française, Technigaz, vont équiper une grande partie des méthaniers dans le monde. Elles emploient des méthodes différentes pour réduire au minimum la dilatation de la cuve liée aux différentiels de température – la cuve étant fixée à la coque, ses dimensions ne doivent absolument pas varier. Technigaz utilise une technique de gaufrage pour jouer sur l’élasticité de la membrane. Gaz Transport choisit une membrane de métal totalement plane fabriquée à partir d’Invar, un acier composé à 36 % de nickel dont le coefficient de contraction est très faible.

En 1994, les deux sociétés fusionnent pour devenir plus compétitives à l’international. La nouvelle société créée, Gaztransport & Technigaz (GTT), fait ses preuves rapidement en développant au début des années 2000 un nouveau type de membrane, la CS1, moins coûteuse et plus efficace en termes d’isolation.

90 % des méthaniers en construction dans le monde utilisent des licences GTT. La technologie française des cuves intégrées est devenue le standard international. Aujourd'hui, GDF SUEZ détient 40 % de la société.

En 2012, GTT a mis au point une technique pour repérer les défauts d’isolation des cuves afin d’éviter les fuites de GNL. La méthode TAMI (Thermal Assessment of Membrane Integrity) consiste à introduire de l’azote entre les deux barrières d’isolation de la cuve. L’azote refroidit à proximité du GNL, passe à travers la deuxième barrière d’isolation et refroidit localement la double coque. Celle-ci est filmée avec une caméra infrarouge qui met en évidence les points froids révélant un défaut d’isolation qui nécessite des réparations. Le méthanier Matthew, appartenant à GDF SUEZ, a été remis à flot grâce à cette méthode.