Patrick Auzou Chef de quart au terminal méthanier du Havre

Patrick Auzou a mené toute sa carrière chez Gaz de France. Il a progressivement gravi les échelons avant de devenir chef de quart, poste essentiel pour l’exploitation d’un terminal méthanier.

Tout juste diplômé d’un lycée professionnel, Patrick Auzou est embauché comme ouvrier professionnel électricien au terminal du Havre en juillet 1972. Sa mission est double : d’une part, il est électricien de maintenance, et d’autre part remplaçant dans les équipes de quart, à ce titre il participe donc à l’exploitation des installations du terminal du Havre. Il devient technicien au service instrumentation en 1979.

Quatre ans plus tard, il est l’un des 5 chefs de quart du terminal du Havre. Ces derniers ont délégation du responsable du site pour exploiter les installations du terminal pendant leur période de quart suivant les consignes établies par la hiérarchie. Leur mission consiste à réceptionner, stocker, regazéifier et émettre sur le réseau de transport, le GNL livré par les navires méthaniers et ceci dans les meilleures conditions de sécurité, de qualité et de coût. Pour mener à bien cette mission, ils sont aussi manager d’une équipe, plus ou moins étoffée en fonction de la taille des installations. Ils doivent également gérer au quotidien les travaux de maintenance en veillant à la mise à disposition des installations et à la sécurité liées au différentes interventions.

Quarante-huit heures avant l’arrivée d’un méthanier, les équipes de quart procèdent à la mise en froid des installations servant au déchargement du navire. Lorsque le méthanier est à l’appontement, le chef de quart procède à la reconnaissance de cargaison et valide les différents documents commerciaux. Si la cargaison est acceptée, il fait procéder au raccordement des bras de déchargement. Les pompes du navire envoie alors le GNL dans le ou les réservoirs. Le GNL est ensuite repris des réservoirs par des pompes immergées basse pression, il est élevé en pression et regazéifié dans des échangeurs à ruissellement d’eau de mer. Il est ensuite odorisé avant d’être émis sur le réseau de transport.

Après la fermeture du terminal du Havre en 1989, Patrick intègre les équipes du terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne, où il s’occupe pendant six ans d’une section d’activité technique appelée « GNL porté », qui consiste en la gestion des matériels et des interventions de ceux-ci sur les réseaux de transport ou de distribution. En effet, des stations mobiles de regazéification permettaient d’assurer l’alimentation des abonnés industriels ou particuliers (villes communes, usines…) lors de travaux sur les réseaux nécessitant leur mise hors pression.

Il retrouve un poste de chef de quart en 1995 au terminal.

Devenu cadre d’exploitation à la conduite en 2003, il intègre à partir de 2006 l’équipe de la maîtrise d’ouvrage du projet de rénovation du terminal de Montoir. Le chantier, qui est un véritable défi, durera près de six ans. En effet, les travaux seront répartis en lots et réalisés pour la plupart sous le régime du décret de 95, c'est-à-dire en chantier clos et indépendant géré par un coordinateur, alors même que le terminal continua d’assurer sans interruption l’ensemble de ses missions.

Alain Goy L’expert en terminal méthanier

Recruté en 1980 pour participer à l’extension du terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne, Alain Goy est aujourd’hui chef du Service Technique d’Elengy. Portrait d’un expert du GNL.

Le premier poste d’Alain Goy le propulse ingénieur d’études techniques au terminal du Havre et au terminal de Montoir-de-Bretagne, tout juste mis en service. Alain participe pendant trois ans à la construction du troisième réservoir de ce nouveau terminal, notamment au montage du dossier de demande d’autorisation puis aux contrôles qualité de construction sur le site.

À cette époque, il travaille également sur les études de faisabilité d’un nouveau terminal méthanier à Fos Cavaou, mais le projet est abandonné… avant de ressurgir, vingt ans plus tard, en 1999 ! Alain est alors ingénieur au sein du Service Technique de la DPT (Direction Production Transport). Il va suivre le chantier dans son intégralité, depuis les premières études préalables jusqu’à la signature du contrat et le suivi de construction.

“Je suis tombé très jeune dans le GNL.”

En parallèle, Alain intervient sur d’autres opérations, toujours pour les terminaux : la rénovation de Fos Tonkin, la modification de Montoir-de-Bretagne, qui en 1999 doit faire face à un accroissement fort de son activité suite aux premières livraisons de GNL en provenance du Nigéria, ou encore l’implantation d’un système de sécurité automatisé à Montoir et à Fos Tonkin.

Lors de la création d’Elengy en 2009, Alain prend la responsabilité du Service Technique (30 ingénieurs) qui a pour mission d’apporter un appui aux exploitants des 3 terminaux méthaniers français, d’aider à la conception et à la maîtrise d’ouvrage pour les travaux neufs d’Elengy.

Devenu « top expert » de sa discipline fin 2010, Alain est régulièrement sollicité en tant que référent technique pour participer à des « peer-reviews » (« évaluation par les pairs ») sur les projets GNL du Groupe à l’international.

Hugues Malvos Expert GNL au sein du laboratoire CRIGEN

Ingénieur de recherche depuis une vingtaine d’années au sein du CRIGEN, l’un des laboratoires de recherche et technologies de GDF SUEZ, et représentant du Groupe au sein de plusieurs instances internationales, Hugues Malvos connaît tous les maillons de la chaîne GNL.

Le CRIGEN (Centre de Recherche et Innovation du Gaz et des Énergies Nouvelles) est l’un des laboratoires de recherche et technologies du Groupe. Dédié aux métiers du gaz et nouvelles énergies, il compte 350 collaborateurs, dont 250 chercheurs. Parmi eux, une vingtaine travaille sur le GNL. Hugues Malvos fait partie de ces privilégiés !

Entré chez Gaz de France en 1995, il travaille à la station expérimentale de Nantes / Roche-Maurice de 2000 à 2002. Il y pilote notamment un projet sur le transport maritime du GNL (comportement et technologies) alors que se font les choix technologiques pour les navires Provalys, Gaselys et GDF SUEZ Global Energy.

Hugues Malvos pilotera ensuite plusieurs projets de recherche GNL sur les terminaux méthaniers et le comportement du GNL, sur les aspects sécurité / environnement / facteur humain, puis sur les technologies GNL liées à l’offshore, à la liquéfaction et aux nouvelles utilisations.

L’ensemble des données recueillies par la station expérimentale ont, observe-t-il, « conduit à une connaissance très fine du GNL en terme de sécurité et ont aidé à développer des logiciels plus performants. »

En vingt ans de carrière au sein du CRIGEN, Hugues Malvos a ainsi étudié une large gamme de sujets, touchant à tous les maillons de la chaîne GNL : liquéfaction, transport maritime et regazéification. Les travaux de recherche du CRIGEN ont conduit notamment à la qualification d’équipements (vannes, calorifuges, flexibles aériens…), au développement de technologies de stockage, de regazéification et de liquéfaction (comme le procédé de liquéfaction à Cascade Incorporée Intégrale CII), à la mise au point de logiciels et d’outils de simulation numérique sur la sécurité et le comportement du GNL (comme EVOLCODE, LNG Master, CARGO, Roll-Over Predictor, LNG Bunkering software, etc.).

Outre ses missions au sein du CRIGEN, Hugues Malvos participe aussi à de nombreuses organisations internationales regroupant des experts techniques du GNL : il est secrétaire du Groupe Technique du GIIGNL (Groupe International des Importateurs de Gaz Naturel Liquéfié) et représentant du Groupe GDF SUEZ pour le programme GNL du GERG (Groupe Européen de Recherche Gazière). Il intervient également au SIGTTO (Society of International Gas Tanker and Terminal Operators) et au GIE (Gas Infrastructure Europe).

Hugues Malvos est aujourd’hui « key expert » dans le domaine du GNL, pour le groupe GDF SUEZ.

“ Être au contact d’experts internationaux est très motivant. Nous lançons des projets en commun pour progresser toujours plus sur les questions de sécurité dans l’industrie du GNL. ”

Sylvain Bourdon Marin à bord d’un méthanier

C’est à bord des méthaniers de Gazocean – l’Édouard L.D., le Provalys, le GDF SUEZ Global Energy – que Sylvain Bourdon a effectué une bonne partie de sa carrière.

Sylvain Bourdon fait ses classes comme officier mécanicien puis comme lieutenant sur l’Édouard L.D., l’un des derniers méthaniers turbinards en service assurant le transport de GNL entre la France et l’Algérie. Promu officier 1ère classe de la marine marchande en 2005, il intègre Gazocean, attiré par les projets de construction de bateaux prototypes ultramodernes (Provalys, Gaselys, GDF SUEZ Global Energy), conçus pour être équipés des derniers systèmes de propulsion développés par les motoristes.

Il fait partie de l’équipage affrété pour le premier départ du Provalys – inauguré dans la rade de Saint-Nazaire en 2006 – et occupe à bord le poste de second mécanicien jusqu’en 2010. La maintenance et le fonctionnement des équipements (production électrique, propulsion du navire, compresseurs d’air, réseaux électriques) sont alors placés sous sa responsabilité. En parallèle, il dresse les rapports d’investigation et de réparation, assure le suivi des performances du moteur Wartsila Dua Fuel 50 6L et 12V en vue de son optimisation, tout en manageant l’équipe machine.

Entre 2010 et 2014, Sylvain Bourdon devient second capitaine successivement sur le GDF SUEZ Global Energy, le Gaselys et le Provalys. Outre la gestion de l’exploitation technico-commerciale du gaz, il s’assure du respect du Safety Management System, de la mise en conformité des navires face aux exigences internationales et privées, mais aussi du bien-être de l’équipage.

Depuis 2014, Sylvain Bourdon est détaché à Paris en tant que gestionnaire de contrat maritime au sein de l’équipe shipping de GDF SUEZ. L’équipe s’occupe des « chartes parties » (contrats) entre les affréteurs et les armateurs et du suivi de performance des méthaniers (vitesse, consommation énergétique). Il occupera ce poste jusqu’en 2016… en attendant de nouvelles expériences en mer.

“ Cela me permet de voir l’envers du décor, en particulier les contraintes commerciales et de ‘vetting’ (audits des bateaux et de leurs équipages). Tout ce travail amont n’est pas perceptible depuis le bateau. ”